La prise Péritel, objet technique perfectible mais attachant par nostalgie. Voici le point de départ de cette série. La volonté de rendre hommage à l’objet, à la fonction et à l’usage d’un artefact d'un autre temps, qui m’a pourtant vu naître. Et puis par extension, il y a eu la prise téléphonique en T, le cordon RJ11, le VGA, le chargeur d'iPhone 1, etc. J’ai commencé à collectionner les connectiques obsolètes et à les photographier, avec le désir inavoué d'en dresser une sorte de typologie . Rapidement, j'ai constaté que l'observation macroscopique de cette série d'objets si banals ouvrait un champ critique aussi puissant qu'insoupçonné. Le noir profond et luisant des premiers objets, observés avec autant de proximité, laissait apparaître, presque suintant, sans fard, le pétrole les constituant. Et puis, le travail sériel à révélé des systématismes. Usage du pétrole donc, de métaux dont l'or, de câbles transmettant énergie et/ou information, etc. Ces simples objets, aujourd'hui méprisés, remisés dans chaque foyer au fond d'un tiroir parce qu'embarrassants, sont le parfait reflet des enjeux fondamentaux de notre modèle de société actuel et de notre déni face à son fonctionnement. Ils interrogent notre rapport au monde matériel et technologique et explorent les paradoxes d'un monde où les objets sont conçus pour connecter, mais finissent par isoler.